En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pouvez télécharger en PDF Mon nom est Troubody, recueil de textes écrits en 2008 et 2009 :
Mon nom est Troubody (clic droit, enregistrer sous)
Si vous le souhaitez, n'hésitez pas à m'écrire via ma boîte email, troubody(at)live.fr
(Merci à Sam, qui secoue ses poils ici ou là)
Troubody
dimanche 8 novembre 2009
Avant la débandade...
mardi 27 octobre 2009
[pause]
"Quand j'écris un morceau de musique, je ne cherche pas de réponse. Je cherche des questions. Quand je trouve la réponse à une question, c'est devenu la prochaine question."
mardi 23 juin 2009
Texte + Son
Voici le texte que j'ai écrit cet hiver sur l'invitation de Lise N. Le thème était : "Des amnésies ensorcelées". A partir de ce texte, une pièce sonore a été réalisée par Lise N., puis diffusée dans le cadre de l'émission Douche Froide le 27 avril dernier, sur la radio Canal Sud à Toulouse. Vous pouvez l'écouter, grâce à mon ami Sam Dewplayer, juste sous le texte.
Des amnésies ensorcelées
Demain je me réveillerai.
On me réveillera.
Les draps porteront les traces de ma lutte contre le sommeil.
Depuis longtemps nous habitons la nuit.
Les draps tachés de sang, c’est une image, l’image persitante qui siffle encore un drôle d’air à mon oreille.
C’est la mémoire des petites filles branchées sur MSN et qui rejouent sans cesse ce drôle d’air au fond de ma gorge. La mémoire de toutes les petites filles que j’envoie faire le tapin pour déchirer l’image, la recoller mal en morceaux d’une mélodie persistante et récolter ainsi quelque maigre effet de manche.
La brume m’entoure et se déploie au-dessus de l’étang où mon reflet s’allonge. Une corne me pousse au milieu du front. Des chiffres défilent à toute vitesse et dessinent l’image. J’ai des yeux parce que je ne vois rien. Une bouche parce que je ne dis rien. Des oreilles parce que je n’entends rien. J’ai une corne pour briser la surface. L’eau tremble. J’approche mon visage et je plonge.
Je me réveille en sueur et j’ai froid. C’est une chambre de 20m² et je rejoue la scène. Il y aura des cris, du sang et des chocs. Des milliers de ricanements s’accrocheront à chacun de mes gestes. J’avale un alcool brûlant, je trébuche et plonge de nouveau.
Des créatures avortées dansent la gigue autour de mon lit. Elles ne peuvent couvrir la voix motus et bouche cousue qui hurle dans ma tête. A ce stade, les mots ne servent à rien. Mais un râle profond, sorti d’un trou perdu là-bas, quelque part entre les champs et la forêt silencieuse en lamé bleu, remplit ma gorge. Je n’entends pas les créatures. Je n’entends plus rien. Je suis une brute. Je ne veux rien savoir.
L’image est là. Mais je plonge et me rendors. J’ai des yeux pour ne pas voir. Et je ne veux rien savoir. Juste dormir. Encore un peu.
La brume s’épaissit.
Au contact de l’eau, ma gorge se met à saigner. Je gargouille à la surface un dégueulis bichrome. Relevant la tête, je trempe mes mains et m’enduis le visage d’un rouge sombre. Puis je ramasse une poignée de terre brune que j’étale sur ma corne maintenant aussi dure que les sabots qui me poussent aux pieds. Les naseaux fumants et les entrailles en feu, je frappe le sol et me prépare à charger. Le brouillard est un allié. Je fonce droit devant et disparais.
Un réveil sonne quelque part. Je me réveille tout habillé. J’ai gardé mes chaussures. Mon manteau me sert de couverture et je suis allongé en travers du lit. Les draps sont roulés en boule par terre et couverts de sang. L’oubli est un allié. Je me lève et enfourne le tout dans un sac poubelle. Ma tête va exploser. Je monte dans ma voiture et disparais.
Dans le brouillard des créatures me poursuivent en riant. Je suis perdu, à bout de souffle et me vautre lourdement dans l’herbe mouillée. Mes vêtements sont déchirés, j’ai de la terre plein le visage, du sang sur les mains. Et j’ai froid. Très froid.
Sur la scène rejouée, l’image est incomplète. Il manque quelqu’un. Le ballet des petites filles en direct sur MSN masque un vide. C’est une pièce avec un acteur en moins. C’est une répétition. Parce que la représentation, elle, a déjà eu lieu.
Demain je ne me réveillerai pas.
Demain personne ne me réveillera.
Les draps seront immaculés et la chambre vide.
Depuis longtemps j’habite la nuit.
Réalisation : Lise N.
Guitare : Fred Jagu.
Trompette : Eric Roger.
Voix : John Troubody.
samedi 13 juin 2009
je dors je suis une souche
un gros noeud non pas un gros noeud un tronc
je dors me réveille je m'ennuie disparais dans un arbre et sur la route mes pas s'effacent je disparais
je dors
je suis une masse
il y a des problèmes de rêves à résoudre par exemple la nuit dernière je suis à Paris et je rate un train dans le métro aérien on me dit qu'il n'y a plus de train qu'il est trop tard il fait nuit je suis dans une ville une capitale dans mon rêve je suis à Paris
la parole ne s'arrête jamais
peut-être que je finirai par marcher dans les rues en soliloquant pas lavé depuis des jours des semaines il n'y aura plus de différence entre le sommeil les rêves la marche les paroles dites entendues il fera nuit il fera jour et je parlerai tout haut sans plus m'arrêter même lorsque je me tais je n'arrête plus de parler
les mots sont comme une chute un courant
on se noie
parfois j'aimerais appuyer sur le bouton off
ou je voudrais une prière ininterrompue une autre chute un autre courant une autre noyade au-delà du sens dans l'oubli du corps et de la parole il y a non seulement des problèmes de rêves à résoudre mais aussi des problèmes de sens et de corps
je disparais dans un arbre marche sur la route je me lance une pierre vise la tête et tombe de l'arbre
paf pif boum blam
à voix haute
je me raconte des histoires
vendredi 12 juin 2009
lundi 25 mai 2009
Sans effort
Un peu avant l'aube, alors que je me levais pour aller boire un verre de jus de fruits, je me suis dit
rien en fait, je ne me suis rien dit, j'ai posé le dernier PJ Harvey & John Parish sur la platine puis je me suis rendormi, 
j'ai rêvé
je me suis réveillé
j'ai ouvert le Livre de Job
"Désastre, disette, tu t'en riras, et des bêtes sauvages, n'aie pas peur !
Car tu as une alliance avec les pierres des champs, et l'on t'a concilié les fauves de la steppe."
chaleur moite, orages, tremblements, pluie, connexion/déconnexion, lundi
(Il s'était rendormi. Lily écrivit un mot qu'elle posa près du paquet de cigarettes sur la table.
"Si tu changes d'avis,
appelle-moi. "
Elle réfléchit un instant puis ajouta.
"Mais es-tu encore en état d'avoir un avis sur quelque chose ?"
Elle ferma la porte et remit discrètement la clé à sa place. Le couloir était vide, silencieux, sinon le bruit étouffé d'une télé à l'autre bout. Elle sortit de l'immeuble. Dehors, le soleil brillait.)
lundi 30 mars 2009
jeudi 12 février 2009
Par madonedufutur
Episode 2 (qui est beaucoup mieux en vrai)
Lily (c’est mon surnom) quitte la chambre, elle prend l’air traumatisé car ça plait à son mari, et elle veut vraiment lui faire plaisir. Elle rassemble les morceaux de ce qui fut son vêtement en fixant la porte de sortie. Elle n’a en fait, qu’une idée en tête ; aller au bordel une fois son mari endormi. Là bas quelqu’un est en train de rire tout en buvant du vin de champagne, entouré de belles filles bien grasses. Lily met sa panoplie de pute des années 80, elle a rendez vous avec l’écrivain qui vient du futur. Elle veut l’épouser et va lui faire sa déclaration. Mais en fait c’est un jeu entre eux, ce soir le thème c’est le mariage, elle va devoir mettre une robe adéquate et improviser devant les putes du bordel et se rendre ridicule et drôle, une fois encore. Elle ne peut se présenter à lui que sous ce protocole, chaque soir c’est comme ça, un nain lui remet une enveloppe avec un mot de l’écrivain et elle s’exécute. Puis ils boiront et ce sera l’orgie. Puis au petit jour, alors qu’ils dorment tous comme des gorets, affalés dans les peaux de bêtes, les fanfreluches et les verres vides, l’écrivain réveille discrètement Lily, en fait il est fauché et ne peux pas payer les putes et l’alcool, mais il invite à Lily à prendre un petit déjeuner sur la croisette, ils s’enfuient et se retrouvent sur un yacht de luxe à manger des huîtres et à boire du café de caviar. Lily a complètement oublié son mari qui doit se faire bien du soucis. Alors qu’ils ont l’air bien et prêts à remettre ça, henry et les putes arrivent sur le ponton en courant, ils ont l’air très furieux, alors l’écrivain se précipite pour larguer les amarres, il bouscule le serviteur qui tombe à l’eau dans le même mouvement. Lily se précipite sur l’écrivain, elle s’accroche à lui pour l’aider à pousser le bateau, elle crie à son mari qu’elle l’aime et qu’il lui pardonne, henry fait une attaque et les putes le réceptionne, des dauphins sautent par dessus le bateau et un immense pélican rose vient se poser sur la table du déjeuner pour tout répandre, il prend un sucre dans le sucrier et s’envole.
22.4.05 02:37
http://madonedufutur.20six.fr/
samedi 13 décembre 2008
La fête est finie
… c’est une fête sympa comme toutes les fêtes d’abord sympa puis qui va finir par dégénérer comme toutes les fêtes quelqu’un va finir par se foutre à poil pisser au milieu du salon un autre se démerdera pour bousiller la chaîne hi-fi moi je goûterai le gazon après m’être pissé dessus je lècherai le gazon avant de me reprendre de me relever de faire le tour du propriétaire d’un air dédaigneux regarder tous ces abrutis vautrés comme des cons je chercherai Elodie, Morgan, Leni, je dirai quand est-ce qu’on fout le camp quand est-ce qu’on plie les gaules à quelle heure est le premier bus le premier tram le premier métro je serai énervé j’essaierai de trouver du café un filtre une cafetière de faire un café avant de lever le camp je dirai méchant très méchant je dirai à Pierrot regarde ta chemise tu t’es vomi dessus gros blaireau puis je m’excuserai avant de me mettre à gueuler y’a pas de putain de café dans cette baraque et je mettrai un coup de pied dans les bouteilles qui traînent partout qui traînent par terre ça réveillera deux ou trois abrutis que je calculerai d’un air méchant me faites pas chier vous voulez à boire tenez bourrez vous la gueule il reste des bières puis Eric se pointera rigolard il me dira c’est bon t’as fini ton petit numéro on peut y aller on réveillera Hélène on secouera Mark explosé dans un coin on cherchera à récupérer nos vestes je dirai attendez faut que je pisse et on pissera dehors sur la façade de la maison le jour se lèvera on dira quelqu’un dira c’est où l’arrêt de bus déjà Morgan dira i cant remember le jour se lèvera on finira par se mettre en marche silencieux parce qu’il n’y aura plus rien à dire on fumera une dernière clope silencieux Mark s’arrêtera pour vomir fuck c’est une fête et il y a pas mal de monde mais je ne me souviens plus de cette fête je m’en souviens mal…
dimanche 9 novembre 2008
Tu veux du glauque de la gueule de bois du sommeil plein les paupières des promenades noyées dans les feuilles mortes la cervelle moite tu veux de la salive dans ta bouche du tabac froid sous l'oreiller une tache rouge mélange décoloré un fauteuil défoncé une vague odeur de pisse dans l'escalier le sentiment que tout sera toujours pareil que tu es fucked up bien harnaché dans ta cage et dormir encore et encore te réveiller plein de sueur ou tremblant tu ne sais pas pourquoi peut-être que tu as froid ou que tu as encore trop bu tu trembles ça ne s’arrête plus tu en veux encore jusqu’au bout sans réfléchir tu veux crever trembler mourir tu ne veux plus savoir que demain encore demain et que ce sera jusqu’au bout pareil de chaque côté à chaque bout tu ne veux pas te retourner pas avancer tu veux rester assis couché peut-être tu trembles tu as froid tu as peur et ça n’est pas prêt de s’arrêter
Tu écoutes de la musique cheap tu veux une musique cheap avec des sons cheap une musique qui te ressemble avec un son de synthé qui ressemble au bourdonnement dans ta tête depuis quelques jours quelques années de l’autre côté du bout de quelque côté que ce soit tu veux ce petit son de synthé et une voix qui peut à peine chanter tu veux une voix de jeune femme une berceuse pour animal déprimé tu veux t’endormir dans une voix pour ne plus te réveiller tu as peur de ne plus te réveiller tu veux une musique pour gens paumés tu veux un son même pas très beau pour couvrir un peu le silence tu ne supportes plus le silence http://www.myspace.com/boumbalo
Tu as lu l’article sur le suicide dans un magazine branché l’article écrit par une auteure branchée et tu l’as trouvé bien torché l’article et alors tu te dis ça te touche finalement plus que toute la poésie débranchée qui ne veut pas être lue jamais lue par qui que ce soit comme quoi va savoir ce qu’il te reste de viande à décongeler dans ton cerveau compressé et tu confonds tout tu mélanges tout parce que tu as cette manie souvent de tout aimer cette fâcheuse manie qui fait que souvent cette manie souvent on a du mal à te suivre parce que tu parles d’un point où tu t’es donné le droit de tout faire péter (sous les bancs vides de l'église symbolique on s’écharpe sans les mains) c’est-à-dire que tu fais tout péter pour toi dans ta tête à toi les autres finalement ne le savent pas ils ne sont pas là pas concernés jamais là tu fais quoi tu veux quoi tu t’es donné tous les droits parce qu’après tout tu es seul et que tu aimes ça et tu vas crever seul et c’est très bien comme ça
jeudi 6 novembre 2008
dimanche 26 octobre 2008
Les putes, le bunker et les branchés (under pressure)
Je n’ai pas vu ce film avec je ne sais plus qui ce film dont quelqu’un m’avait parlé il y a longtemps mais qui. Je ne me souviens plus du titre de ce film que je n’ai pas vu. Je n’ai pas cru ce qu’on m’a dit ce soir-là. Mais qui m’a dit quoi. Ça non plus je ne m’en souviens pas. Pourtant j'ai fait des efforts. J’ai même arrêté de boire pendant quelques instants ça fait combien d’années maintenant je ne sais plus. Mais je ne sais pas je n’ai cru personne ce soir-là. Parfois c’est trop beau c’est vrai. Et parfois c’est moche c’est vrai aussi. Qui m’avait dit quoi. Et puis l’autre jour il y a ce type qui me dit mais alors il paraît que tu écris et donc c’est qui les auteurs enfin quels sont ceux voilà tu vois. Et bon. Non je lui dis je n’écris pas écrire c’est autre chose enfin tu vois je veux pas faire des phrases là maintenant mais non je n’écris pas j’essaie juste de relever un peu la tête enfin tu vois quoi. Ah oui alors tu écris c’est bien. Et c’est là que je me suis dit je n’ai toujours pas vu ce film dont on m’avait parlé il y a longtemps. Et j’ai même eu un flash l’espace de deux ou trois secondes le visage qui m’avait conseillé ce film j’ai repensé à cette fille. Et la musique alors oui je m'en souviens de cette fille elle était blonde très belle. J’ai écouté en boucle les disques de Xiu Xiu pendant des mois et des mois. Life and live surtout. Women as lovers aussi le dernier. Et putain va te faire foutre. Je n’écris rien et je t’emmerde. Fabulous muscle aussi. Je n’écrirai jamais rien. Je ne supporte pas. Mais alors pas du tout. Je ne supporte pas les gens qui écrivent. Je ne supporte pas les écrivains. C’est une telle prétention que ça me donne envie de gerber. Dire je même si on ne dit pas je mais dire je quand même. Quelle honte. Quelle imposture. C’est minable. Je ne comprends même pas comment on peut acheter tous ces livres. Je voudrais les voir crever ces écrivains qui ne se lisent qu’entre eux. Refilez-vous la chaude pisse tiens une bonne vieille maladie littéraire un bon motif ça la chaude pisse ça sent son Zola à plein nez. Ah non vous ne lisez pas Zola pas assez moderne post mon cul ou je ne sais quoi. Ah bon. Moi je pensais que c’était bien Zola. Tant pis. Refilez-vous du Artaud alors là vous êtes tous d’accord non le génie absolu tout droit sorti de ses propres couilles. Tiens d’ailleurs ça me rappelle que j’ai bossé là-dessus moi à une époque. Artaud. J’ai tout compris je suis trop fort. C’est quand même sacrément dégueulasse. Ces gueules de minables en quatrième de couv’. Et le myspace qui va avec. Ils aiment bien ça les écrivains le myspace. Pire que les branchés dont ils rigolent. 100% connerie. La photo + le nom et là attention c’est éjaculation précoce on mouille la culotte chacun et chacune s’y retrouvent. Ben ouais. D’ailleurs ce cher Marcel ne s’y était pas trompé. Il avait bien compris Marcel. Il savait tout ça lui déjà. Les branchés et le bunker. Il savait.
Non je n’ai pas vu ce film je n’ai pas lu ce livre pas écouté ce disque dont tu m’as parlé il y a longtemps avant-hier le week-end dernier je ne sais plus quand. Non jamais je n’ai suivi tes conseils. Jamais je n’ai suivi les conseils de personne. Je me fous au chômage tout seul. Dans ma tombe tout seul. Je me fous en l’air tout seul. Je n’écris pas tout seul. Pas besoin d’éditeur de collectif de je ne sais quoi d’autre pour ne pas écrire. Je fixe mon mur depuis que tu m’as parlé de ce livre que je ne lirai jamais. Je fixe mon mur blanc. Ou j’allume mon écran et je joue à pacman si c’est ça que tu veux savoir. Pas besoin de tes conseil pour ne pas écrire.
Franchement je (ne) vous aime (pas).
Et j’aime encore mieux les putes qui traînent en bas de chez moi. Ou celles que j’avais rencontrées au lavomatic il y a quelques années. Une de mes plus belles rencontres comme ça dans la rue. Toutes les trois comme mes sœurs. Entre 15 et 20 balais. J’en aurais chialé.
Je suis mal barré. Moi je. Je. Mal. Je suis las. A la fin. Tu es las. De ce monde merdique.
Et je fais un copié-collé de ce texte que j’ai trouvé sur un blog. J’adore ça. Enfin. C’est d’une grande douceur presque comme ça anonyme perdu sur internet :
Dieu se tape une queue et voici tous ses sujets qui tirent la langue en attendant la pluie. 09 janvier 2008
Ce que je hais le plus dans les espaces publiques d'internet est certainement cette espèce de complaisance qu'ont les queutards entre eu à l'égard de la bite de leurs congénères. suce suce suce suce suce suce suce suce suce... je te suce la bite, mais après tu suces la mienne d'accord? et pour un peu celui qui estime avoir le plus petit sgeg présente son anus bien tendu afin de mieux se faire enfiler, simplement pour brosser dans le sens du poil le portrait de celui qu'il sacralise. ouh! A qui salope et à qui pute enfonçant la tête du visiteur qui n'est pas de niveau bien au fond du tas de merde qu'on lui a octroyé. Luter à coup de citations en plastique, de reprises bancales, d'interprétations hasardeuses et de comparaisons pseudo-flateuses afin d'être le premier à recevoir sur la langue cette petite goute de foutre que le gérant du stand aura bien voulu y laisse mourir. Parcequ'en tas d'hypocrites reconnaissants dieu, ces cons attendent que dieu lui même leur colle son doigt dans le cul. Amen! Hey, lèchehey, hey, tu sais lèchequoi, bha moi j'suis ton fidèlelèche, et tu lèchesais quoi? tout ce que tu dis, c'est vrai!D'ailleurs viens lèchevoir sur ma pagelèche, si si viens voir, je parle un peu de toi, parce que t'es tellement si fortlèche lèche lèche lèche lèche lèche lèche lèche waw! quand même! Bha ouais mec tu suces les couilles molles et pleines de la salive de tes prédecesseurs d'un trufion que tu estimes tellement plus que toi. slurp. enfin quand le trufion daigne t'appercevoir du haut du piedestale sur lequel tu le places c'est légitimement que tu chies dans la bouche de tes petits camarades. Enfin un peu mais pas trop quand même, parce qu'il faut garder un minimum de public en cas de reviremnt de situation. Et dieu? Bha dieu est un de ces gros con d'humain, comme tout le monde, qui laisse en ligne son foutre collant après s'être bien branlé la nouille, qui est peut être encore plus con quand il ne croit pas en lui même et en la qualité de sa propre petite existence médiocre, mais il est quand même content quand il sait qu'il peut filer la batte à un tas puant de voyeurs pervers et reconnaissants à l'anus bien lustré. Parce que dans ce qu'il cherche à faire partager, dans cet espace publique qui devient l'écran de sa propre substance, dans ce qu'il laisse croire qu'il est, ou dans ce moi qu'il ne peut être qu'ici, en ligne devant des millions de connards, dieu ne serait plus qu'un simple prêcheur dans un sanctuaire vide sans l'hypocrisie de ses sujets.
http://www.blogg.org/blog-48587-offset-0.html
mercredi 24 septembre 2008
Entretien avec Lise N.
Une drôle de sensation. Quelque chose. Une inquiétude, peut-être. Mais bizarrement familière. C’était au début de l’été 2007. Et pourtant non. J’avais beau me creuser la tête. Jamais je n’avais eu vent ni de ses textes, ni de sa musique, ni de sa voix. Lise N., Le Sud Véritable. Je m’offris un aller-retour express via myspace et en quelques dizaines de minutes et tout autant de mesures, j’étais pris. Une toîle d’araignée fabuleuse où de drôles d’oiseaux s’ébattent parmi des petites filles déjà pleines de rides.
Automne 2008. Faire cailler le lait avec du sang de caille, premier album de Lise N., paraît sur le label Le Cluricaun. Les Actes Amanites, recueil de textes et de photographies, est annoncé aux éditions Le Calepin Jaune.
J’ai souhaité en savoir plus. D’où l’idée de cet entretien auquel Lise N. s’est prêtée avec attention,- et en toute grâce, bien sûr.
689eyes, Douche froide, les éditions La Volte, aujourd’hui un livre et un disque signés de ton nom, mais d’où viens-tu Lise N. ?
Sur le plan strictement musical, j’ai d’abord été bassiste dans différentes formations, puis je me suis intéressée à d’autres instruments, au montage sonore... Je participe depuis 2002 à Douche Froide, une association de diffusion de musiques et littératures décalées, dans ce cadre j’ai co-dirigé avec Max Lachaud une anthologie sonore, Aux Limites du son, parue aux éditions La Volte. Parallèlement à cela, j’écris depuis longtemps des textes poétiques. Des écrits qui ont d’abord appelé la voix et la lecture, puis la musique que j’ai commencé à composer, puis des photos prises autour des textes, l’accomplissement d’actes amanites, des collaborations avec d’autres musiciens, photographes, illustrateurs. Les parutions de septembre sont le fruit de trois années de travail, de réflexion et de rencontres.
Tu sors ce que toi-même tu nommes un album. Pour tes prestations scéniques, j’ai remarqué que tu employais tantôt le mot performance, tantôt le mot concert. Moi, ça m’embrouille un peu. Est-ce que tu fais une différence entre performance et concert ? Peux-tu préciser la différence, si différence il y a pour toi ? Je parle de ta pratique bien sûr, je ne te demande pas une définition.
Mes prestations scéniques comprennent différentes composantes. Des textes, lus, chantés, déclamés et des pièces sonores écrites par rapport aux textes. La musique, composée au préalable, est omniprésente, l’évènement prend la forme d’un concert. En revanche, mon travail consiste également en des actions précises à réaliser, des actes issus de mes textes. C’est à ce niveau là que la prestation devient performance, s’appuyant sur l’environnement instable de la scène, du public, sur les présences mouvantes des objets et des êtres. L’acte amanite n’est pas une action qu’il faut donner à voir, l’élément d’une mise en scène, il est accompli sur le fil de la situation. Pour répondre à ta question, je dirais que le concert et la performance s’articulent l’un l’autre dans un jeu de mesure et d’impulsion constant.
Quelle est la configuration sur scène ? Tu tournes avec d’autres musiciens et un vidéaste je crois ?
Je collabore avec un photographe/vidéaste, Erik Damiano, depuis presque deux ans. Il a filmé et photographié des performances que j’ai accomplies en "privé" et en assure la projection sur scène. Les photos d’Erik sont publiées dans mon recueil Les Actes Amanites, à paraître aux éditions Le Calepin Jaune, elles peuvent également faire l’objet d’expositions spécifiques. L’Acte Amanite # 1, par exemple, donne à voir un rituel de salle de bain inversant l’usage symbolique des plumes et du goudron afin de réconcilier les êtres humains fusionnels, les animaux collectifs et les plantes individualistes. Le travail d’Erik est très direct et percutant, il donne une dimension particulièrement vive à la performance, comme un coup de poing, un flash de mauvais rêve.
Plus récemment, il y a un autre musicien qui intervient sur scène, Eric Roger (Gaë Bolg, Seven Pines). Il utilise des bandes, des instruments à vent, portant la musique ou improvisant, avec toute la sensibilité qui est la sienne. Nous avons commencé à faire un album ensemble à partir d’un de mes textes, Dernier Périple en Val de Noir, un texte très "symphonique", qui va en se délitant.
Cette configuration nous donne l’occasion de chercher, de pousser le plus loin possible les liens entre les vidéos, la musique, le texte, les présences évoluant. Au cours du dernier concert, il y a eu de très belles surprises, des basculements incroyables.
Lorsque j’ai découvert ton travail il y a environ un an, ce qui m’a séduit tout de suite c’est que tu ne lâches rien sur l’imaginaire. En effet, tu mets l’auditeur/lecteur en rapport avec autre chose que son petit quotidien dépressif, ce qui est loin d’être le cas dans beaucoup de domaines aujourd’hui (que ce soit dans la poésie, le roman, la chanson, etc.).
Cet effort pour sortir d’un certain "confort" narratif apparaît par exemple dans ton attachement à des thèmes que tu ne cesses de creuser, comme celui du "paysage". Le traitement de ces thématiques passe chez toi par des séries de métaphores, d’images, qui vont troubler l’auditeur/lecteur, créer un impact, jouer avec sa mémoire (notamment pour moi la mémoire des sensations et des lieux; et un retour vers la violence d’un imaginaire qui me renvoie à l’enfance, vers une brutalité et un aspect ludique inextricables dans le rapport de l’enfant au monde), et donc ouvrir des perspectives inattendues. En gros, il y a un style Lise N. qui m’a d’entrée de jeu frappé, happé.
Ma question. Comment "démarres"-tu lorsque tu écris un texte ? De quoi pars-tu ? As-tu déjà une vision de ce vers quoi tu vas aller ou bien laisses-tu ton imagination travailler à plein régime pendant l’acte d’écriture ?
Une fois le rite consumé, c'est l'attention au paysage. D’abord, la liquéfaction des totems. Puis la palpitation des os. Des silhouettes hissées en masse sur un fil. Des collines beiges et des montagnes irritées.
Le paysage sa langue est tactile.
Le paysage précède le rite.
Le paysage tremble parce qu'il précède le rite.
Le rite, c’est lié à l’acte d’écriture, à la performance ? J’aimerais comprendre.
Quels sont les auteurs qui t’ont influencée ? Et est-ce que cette notion d’influence fait sens pour toi, n’étant moi-même pas vraiment sûr qu’elle soit utile pour essayer de parler de ton travail ?
Il y a des auteurs et/ou des artistes qui m’ont inspirée, d’autres qui ont bousculé ma vision de l’écriture. Je me sens proche d’un auteur comme Antoine Volodine, plus particulièrement de sa sensibilité musicale, des niches oniriques qui jalonnent ses récits. Certains poètes, comme Pierre Reverdy, me procurent un sens de familiarité inégalable, tout comme les paysages visionnaires, morbides et magnifiques de Cormac Mac Carthy dans certains de ces romans, comme Méridien de Sang. Le théâtre thérapeutique de Jodorowsky m’a beaucoup inspiré. Les actions qu’il prescrit à ses "patients" sont très riches, poétiquement parlant, même si je suis beaucoup plus réservée vis-à-vis du discours psycho-magique qui les accompagne. Il y a eu des rencontres aussi, Charles Pennequin et des poètes performeurs comme Antoine Boute, obnubilés par la parole et l’instant, la spontanéité de l’écrit versus celle de la pensée, le langage des familles ou celui de la honte. Echanger avec eux m’a permis de m’éloigner un peu de mon engouement pour l’indicible, tout du moins de le questionner autrement.
Jacques Barbéri a préfacé ton livre. C’est un auteur que tu lis avec attention ?
Jacques Barbéri est un auteur de science-fiction, un des fondateurs du groupe Limite, ce collectif d’écrivains ayant sévi durant les années 80, autour duquel nous avons, avec Max Lachaud, co-dirigé une anthologie sonore (Aux Limites du son, livre + CD, La Volte, 2006). Il est également le saxophoniste de Palo Alto, une formation musicale hors du commun. L’univers de Barbéri est à la fois poétique et complexe, métaphysique et vénéneux, je pense que nous avons certaines obsessions communes, comme les mouvements des crustacés sur le sable par exemple. Et, curieuse coïncidence, un des personnages de son roman Une soirée à la plage s’appelle Lise. La préface de Jacques, c’est comme la pièce d’un puzzle qu’il fallait placer quelque part.
Revenons à l’aspect musical. J’aimerais te reposer la question de tes influences, de tes goûts musicaux. En écoutant ton disque, des noms me venaient parfois à l’esprit mais comme je ne suis pas certain d’avoir la même culture musicale que toi, je préfèrerais te laisser parler.
Il m’est difficile de répondre précisément à cette question tant mes goûts musicaux sont variés. J’ai bien sûr une attirance pour les musiques industrielles et celles qui les ont suivies, mais j’écoute aussi du rock, comme Magazine ou Wire, de la new-wave comme Japan ou Yellow Magic Orchestra, des contemporains comme Harry Partch, de la musique électronique, traditionnelle, et bien d’autres choses encore. J’ai là aussi été marquée par des rencontres, comme celle du musicien Denis Frajerman qui a participé à l’album et avec qui j’ai partagé des moments de pure magie sonore. La formation musicale Ambiance Anonyme m’a également beaucoup influencée. Leur folklore étrange, leurs masques de poissons, leur univers improbable me sont très proches.
Après, il y a des surprises. J’écoute peu de musique africaine et pourtant elle pullule dans les rythmes que je compose. Il y a sans doutes des influences qui me touchent au-delà de ce que j’écoute au quotidien. Je pense que les musiques qui m’inspirent le plus hybrident une certaine idée de l’étrangeté et de l’organique.
Et est-ce que tu peux nous en dire plus sur ton label "Le Cluricaun" ? J’ai l’impression qu’une identité assez forte relie les différents artistes du label les uns aux autres.
Le Cluricaun est un label qui souhaite porter certaines visions, très personnelles, du psychédélisme. Les artistes du label sont difficilement identifiables au regard des catégories musicales connues mais se rejoignent peut-être autour de cette idée de "transe décalée", prenant la forme de percussions tonitruantes et de symphonies inquiètes dans la musique de Gaë Bolg, de rondes obsessionnelles pour Trublion 23 ou Seven Pines, de folklore déjanté pour Idiot Saint Crazy, ou encore de chamanisme post-exotique pour Denis Frajerman et Antoine Volodine. L’ouverture du label aux liens possibles entre la littérature, la poésie et la musique indisciplinée s’inscrit dans cette même logique du décalage.
Je me demandais si tu utilises des logiciels (Reason, par ex.) lorsque tu composes, ou bien si tu travailles seulement à partir d’instruments non amplifiés (mis à part le Bontempi qui est mentionné sur la pochette du disque). J’imagine que tu utilises au moins un logiciel du type "Cool Edit" pour le montage ? Tu peux développer sur ta manière de composer ?
Je travaille à partir de bandes d’improvisations menées seule ou avec d’autres musiciens, enregistrées sur minidisc avec deux micros. J’utilise deux logiciels, Soundforge pour découper, sampler, travailler les bandes avec précision et Acid pour monter, spatialiser, mixer. Je réenregistre d’autres instruments au cours du montage (orgue Bontempi, banjo, harpe hongroise, flûtes, accordéon, etc.) ou des sons (porte qui grince, robinet qui coule, grattements, etc.), je compose la plupart des rythmes sur Acid en utilisant une banque de sons de percussions ou bien mes propres sons préenregistrés. Les lectures et les voix, quant à elles, sont ajoutées durant le processus de montage. Je fais de la couture avec un matériel peu performant, essayant avant tout de porter, de répondre, de contrer, d’interagir avec la musique du texte.
Des concerts/performances de prévus ?
Pas pour le moment, beaucoup de choses se profilent pour 2009, à confirmer dans les temps à venir !
Middle West - Sud Véritable. Septembre 2008.
dimanche 14 septembre 2008
Ecrire, Anna Thomson, le dimanche et la mort
Ok. Ecrire. Allo allo. Dis. Comment tu fais. Allo. Y’a quelqu’un. J’aimerais savoir. T’es là. Y’a quelqu’un. Tu m’avais dit. Tu sais. Oh. T’es toujours là. Tu m’avais dit. C’était quand déjà. Tu m’avais dit. Il y a longtemps. Allo allo. T’es toujours là. Tu m’avais dit. Non pas comme ça. Vas-y. Recommence. C’est bien. Allez. Vas-y. Voilà. C’est ça. Oh. Tu m’entends. T’es là. Tu m’avais dit. Y’a quelqu’un. J’avais répondu. Tu sais. Tu t’en souviens. J’avais répondu. Non. Y’a personne. Y’a jamais eu personne. Allo. T’es là. Ou j’avais répondu. En fait je sais plus. J’avais répondu. Si. Y’a quelqu’un. Mais c’est pas toujours moi tu vois. Tu t’en souviens. Après tu m’avais dit. Oh. T’es là. Pourquoi tu parles pas. Tu m’avais dit. Tu parles trop. Ecris. Ecris. Mais écris quoi. J’avais dit. Je pensais à des saucisses. Tu sais. Une vitrine de boucher. Et ça remuait bizarrement dans mon ventre. Dis. T’es là. Faut que je recommence. Ok. Allo. Ecrire. Tu sais. Je sais plus comment. Merde. J’ai trop de fichiers. Tu sais j’avais dit. Hé. T’es là. J’avais dit. Plus il y a de fichiers plus il y a d’interconnexions. J’avais dit. C’est un truc que j’avais entendu à la radio. Dis. Tu m’entends. Bon. J’ai trop de fichiers. Et pas d’interconnexions. Tu vois. Alors je sais plus. Qu’est-ce t’en penses dis. Parce que moi. Ok. Ecrire. Le roman j’ai essayé ça marche pas. Au bout de dix pages j’en peux plus. Ça m’énerve. Les personnages je les déteste. Dis. T’es toujours là. Et puis dans le roman. Tu vois. Dans le roman y’a tous ces petits trucs qu’il faut utiliser là. Tu vois. Ça me gonfle. Je préfère regarder Les Soprano. Ça marche tout aussi bien. Dis. Qu’est-ce que tu en penses. Toi. Tu sais. Tu m’avais dit. Alors moi tu vois. Je sais plus.
Allo allo. J’aime bien Anna Thomson dans je sais plus quel film. Tu sais quand elle dit. Operator ? Operator ? Et qu’elle a bu trop de vin. Tu sais. Tu t’en souviens. Elle pleure dans le téléphone. Avec ses gros seins blancs qui débordent de partout. Bon. Ça rime à rien.
Dis. Allo. J’ai rêvé de toi l’autre nuit. Nous étions nus. C’était troublant. Je croyais. Je croyais vraiment t’avoir oubliée. Allo. Putain. J’ai l’impression d’être dans une chanson de Claude François.
C’est dimanche. C’est n’importe quoi. Ma voiture roule encore. Ce matin j’ai jeté toutes les bouteilles vides. Hier j’écoutais Barbara. Aujourd’hui un vieux Blonde Redhead.
Hé. Il faudra que je te parle de tout ça. Un jour. Celui où tu crèveras. Tu sais. Oui. Celui-là. Parce que ça va finir comme ça. Ça finit toujours pareil. Et la fin on en a rien à foutre. C’est ce qu’il y a entre le début et la fin qui compte. N’est-ce pas ?

